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De la com' au code : mon chemin vers le développement web
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De la com' au code : mon chemin vers le développement web

Publié le 15 septembre 2025

Je ne viens pas du tout du monde technique. Mon master, c'était communication des organisations. Mon quotidien, c'était briefs créatifs, plans de com', réseaux sociaux, communiqués de presse. Et pourtant, un jour, j'ai ouvert un tuto HTML et je n'ai plus pu m'arrêter.

Pourquoi coder quand on fait de la com' ?

Tout a commencé par frustration. Je travaillais avec des développeurs sur la refonte d'un site, et je ne comprenais pas la moitié de ce qu'ils disaient. Je voulais être autonome — au moins comprendre ce qui était faisable, ce qui ne l'était pas, et pourquoi.

Mais derrière cette frustration initiale, il y avait quelque chose de plus profond. En communication, on passe beaucoup de temps à créer des briefs, à expliquer des intentions à des prestataires — et à attendre. Parfois des semaines pour un résultat qui n'est pas tout à fait celui qu'on imaginait. L'idée de pouvoir construire moi-même ce que j'avais en tête, sans intermédiaire, me semblait libératrice.

Alors j'ai commencé par les bases : HTML, CSS. Puis JavaScript. Puis React. Et là, quelque chose s'est passé.

Le premier contact avec le code

Les premiers jours, j'ai suivi des tutoriels. Free Code Camp, The Odin Project, OpenClassrooms — j'ai tout essayé. Ce qui m'a frappée d'emblée, c'est la logique implacable du code. Soit ça marche, soit ça ne marche pas. Et quand ça ne marche pas, il y a toujours une raison.

Cette rigueur m'a appris à lire les erreurs comme des indices plutôt que comme des échecs. C'est un changement de mentalité que je n'avais pas anticipé — et qui m'a beaucoup appris sur moi-même, bien au-delà du code. Le débogage, c'est finalement la même chose que l'analyse d'une campagne qui ne performe pas : on cherche la cause, on teste une hypothèse, on corrige, on relance.

Les deux premiers mois, j'ai construit des petites choses. Une page de présentation statique. Un formulaire. Une galerie photo. Rien de spectaculaire, mais chaque projet m'apprenait quelque chose de nouveau et me donnait envie d'aller plus loin.

Le déclic graphique

Ce qui m'a vraiment accrochée, c'est le lien entre design et code. En tant que graphiste autodidacte, je passe des heures sur Figma à imaginer des interfaces. Réaliser que je pouvais les construire moi-même — pas juste les dessiner — c'était une révélation.

La première fois que j'ai reproduit en CSS une maquette que j'avais dessinée sur Figma, j'ai eu la même sensation que la première fois que j'avais imprimé une affiche conçue de toutes pièces. Une forme de satisfaction très concrète — voir une idée devenir réelle, sans passer par quelqu'un d'autre.

C'est là que j'ai compris que le code n'était pas l'ennemi du design. C'en est le prolongement naturel. Et quand on maîtrise les deux, on voit comment les décisions de design impactent l'intégration, et comment les contraintes techniques informent le design. C'est un cercle vertueux.

Ce que la com' m'a appris pour coder

La communication, c'est avant tout de la narration, de l'empathie utilisateur, de la hiérarchie de l'information. Autant de compétences qui font de moi une meilleure développeuse frontend qu'une pure technicienne l'aurait été.

En com', on apprend à se mettre dans la tête de l'autre. Quel message va passer ? Quelle information doit apparaître en premier ? Comment guider l'œil ? Ce sont exactement les questions que se pose un bon développeur frontend quand il construit une interface.

La rédaction m'a aussi appris à structurer ma pensée — ce qui est précieux pour écrire du code lisible et maintenable. Un bon code, comme un bon texte, doit pouvoir être lu et compris par quelqu'un d'autre, même des mois plus tard.

Enfin, la gestion de projet, la prise de brief, la relation client — des compétences souvent sous-estimées côté technique, et pourtant cruciales quand on travaille en freelance ou en petite structure.

Les obstacles que j'ai rencontrés

Je ne vais pas vous mentir : le chemin n'a pas été linéaire. Il y a eu des semaines entières où JavaScript ne rentrait pas. Des heures à déboguer un composant React pour finalement réaliser que j'avais oublié une parenthèse fermante. Des moments de découragement complets, à me demander si ce n'était pas juste « pas pour moi ».

Il y a aussi le syndrome de l'imposteur. En entrant dans des espaces traditionnellement techniques, j'ai souvent douté de ma légitimité. Est-ce que je suis vraiment développeuse si je ne maîtrise pas les algorithmes de tri ? Est-ce que mon code est assez propre, assez performant ?

La réponse que j'ai trouvée : le code n'a pas de genre, pas de parcours officiel. Ce qui compte, c'est de construire des choses utiles et de continuer à apprendre. J'ai arrêté de me comparer à des gens qui codent depuis l'enfance, et j'ai commencé à mesurer ma progression par rapport à moi-même, semaine après semaine.

Le profil hybride, une vraie valeur ajoutée

Aujourd'hui, je me présente comme un profil à trois casquettes : communication, design et développement. Ce n'est pas la case la plus simple à cocher sur un formulaire de candidature. Mais en pratique, c'est une vraie valeur ajoutée.

Je peux parler à un client, comprendre son besoin en profondeur, concevoir la solution sur Figma *et* la développer. Je travaille sans friction là où d'autres ont besoin d'une chaîne de plusieurs intervenants. Cette vision d'ensemble me permet de prendre de meilleures décisions, que ce soit côté design ou côté code — parce que je comprends les deux faces du projet.

Cette polyvalence ouvre aussi des portes inattendues. Des projets où le client cherche quelqu'un qui peut tout faire de A à Z. Des collaborations où mon rôle évolue selon les besoins. Une liberté de travailler en freelance sans dépendre d'une équipe entière pour livrer un site complet.

Les profils hybrides sont encore rares — et c'est précisément pour ça qu'ils sont précieux.

Mes conseils si vous êtes dans la même situation

Si vous venez de la communication ou du design et que vous envisagez d'apprendre à coder, voici ce que j'aurais aimé entendre plus tôt :

  • Commencez par HTML/CSS, pas par JavaScript. Comprendre le Web avant de le dynamiser.
  • Construisez des projets réels dès le début, même imparfaits. La pratique vaut mille tutoriels.
  • Utilisez vos compétences existantes : si vous venez du design, reproduisez des interfaces que vous admirez.
  • Ne vous isolez pas : rejoignez des communautés en ligne, des Discord, des meetups. Le dev solitaire peut vite devenir décourageant.
  • Documentez votre apprentissage : un blog, des posts LinkedIn, un GitHub public. C'est motivant *et* ça construit votre crédibilité progressivement.
  • Accordez-vous du temps : apprendre à coder sérieusement prend 1 à 2 ans de pratique régulière. C'est tout à fait normal — et ça vaut chaque heure investie.

Je suis convaincue que les profils hybrides sont l'avenir du numérique. Et je construis le mien, brique par brique.